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Activité physique adaptée : à chacun sa façon de bouger

Marcher, pédaler, lancer un ballon ou danser : même lorsque l’âge, la maladie ou le handicap limitent les possibilités, il reste souvent possible de pratiquer une activité physique. À condition de l’adapter aux capacités et aux besoins de chacun. C’est tout le principe de l’activité physique adaptée (APA) : partir des capacités, des besoins et des envies de chacun pour construire une pratique accessible et bénéfique pour la santé.

L'activité physique adaptée : une activité construite autour de la personne

Vélo, marche, boxe, ballon, bâtons ou élastiques… En APA, ce n’est pas tant l’activité qui change que la manière de la pratiquer. Mouvements, intensité, durée ou matériel sont ajustés en fonction de l’endurance, de l’équilibre, des amplitudes articulaires, des éventuelles contre-indications mais aussi de l’état psychologique et cognitif du patient ou résident. « Il faut prendre en compte la personne dans sa globalité, » résume Cécile Dormia, psychomotricienne, directrice adjointe de la rééducation emeis.

Ses envies peuvent même guider le travail. Après un AVC, l’un des patients de Loïc Saint-Martin voulait rejouer au ballon avec son petit-fils. Pour ce cadre de rééducation en SMR (Soins Médicaux et de Réadaptation), formé en APA, cette envie est devenue un objectif concret : travailler l’équilibre et la coordination. « Quel levier magnifique pour le faire progresser ! Il avait compris que son objectif était pris en compte et qu’on allait vraiment s’adapter à ses propres besoins. »

Activité physique adaptée

Préserver, récupérer, reprendre confiance

Si les outils utilisés peuvent se ressembler, les objectifs poursuivis sont très différents selon les personnes accompagnées. En maison de retraite, l’APA vise notamment à préserver la marche, l’équilibre et l’autonomie dans les actes de la vie quotidienne. En SMR, elle accompagne la récupération après une maladie, un accident ou une intervention. En santé mentale, elle peut contribuer au bien-être psychique, à la confiance en soi, au lien social et à la reprise d’un mode de vie actif.

À la résidence emeis Val de Seine, Cyril Parent, enseignant en APA, accompagne des résidents parfois très éloignés du sport. Avec les plus réticents, il préfère susciter l’envie plutôt qu’imposer la participation. Il les invite d’abord à observer la séance : « Rares sont ceux qui restent uniquement spectateurs. Très souvent, ils commencent à faire un mouvement, se prêtent au jeu et finissent par participer. » Une dynamique favorisée, selon lui, par le groupe. Au fil des séances, l’activité physique devient aussi un moment de partage et de convivialité entre les patients ou résidents.

séance de sport

L'activité physique adaptée : bien plus que de la « gym douce » 

Loin de se limiter à la gym douce, l’APA peut prendre des formes très variées et utiliser des activités sportives adaptées : basket, vélo, boxe, pétanque, danse et même rugby. L’objectif n’est pas la performance sportive mais les bénéfices recherchés pour chaque personne. « Si je fais travailler un patient avec un panier de basket, mon objectif n’est pas qu’il mette le panier, explique Loïc Saint-Martin. Il peut être de travailler la coordination entre la respiration et le mouvement ou l’ouverture des membres supérieurs. » L’adaptation permet parfois d’aller bien au-delà de ce que l’on imaginait possible.

Cyril Parent se souvient d’une résidente d’une unité de soins adaptés présentant d’importants troubles de l’équilibre, qui a pourtant pédalé une quinzaine de minutes lors d’un atelier vélo santé organisé avec l’équipe : « Il faut oser, être force de proposition. On peut faire beaucoup de choses. » 

Rugby sans plaquage, danse, dispositifs lumineux associant motricité et attention ou stand-up paddle en piscine de rééducation peuvent ainsi trouver leur place dans un accompagnement.

Activité physique adaptée

Enseignant APA, kinésithérapeute, ergothérapeute et psychomotricien : à chacun son rôle

Plusieurs professionnels peuvent mobiliser l’activité physique dans l’accompagnement des patients et des résidents. Mais chacun intervient avec des compétences et des objectifs spécifiques.

Titulaire d’une licence STAPS spécialité « Activité physique adaptée et santé », l’enseignant en APA adapte la pratique physique aux capacités, aux pathologies et aux objectifs de chacun, pour agir sur la santé, l’autonomie et contribuer à la réadaptation. Chez emeis, les EAPA font partie de l’équipe pluridisciplinaire et prennent part aux projets de soins personnalisés.

Le kinésithérapeute, l’ergothérapeute et le psychomotricien, professionnels de santé, interviennent également sur le mouvement, dans une logique de rééducation / réadaptation, chacun avec ses propres compétences : « Nous partageons les mêmes objectifs que le reste de l’équipe soignante mais nous n’avons pas les mêmes moyens pour les atteindre. Nos métiers sont donc complémentaires, pas interchangeables, » résume Loïc Saint-Martin.

Les équipes

Partir de ce qui reste possible

Avec l’âge, la maladie ou le handicap, la crainte de se blesser ou d’aggraver son état peut conduire à limiter les mouvements. Pourtant, continuer à bouger, dans des conditions adaptées, est aussi un moyen de préserver ses capacités. « On a tendance à voir ce que la personne ne peut plus faire. Se concentrer sur ce qu’elle peut encore faire, ce qu’elle a envie de faire, c’est très important », souligne Cécile Dormia. Pas besoin, pour autant, d’avoir toujours aimé le sport. 

En maison de retraite, préserver les capacités et éviter la régression constitue déjà un objectif en soi : « Beaucoup ont toujours été très éloignés de l’activité sportive, constate Cyril Parent. L’idée, c’est vraiment de leur donner un peu d’appétence pour bouger régulièrement. »

activité en piscine

Chez emeis, l’APA fait partie de la rééducation


Chez emeis, les enseignants en activité physique adaptée sont pleinement intégrés aux équipes de rééducation, aux côtés notamment des kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens et orthophonistes. En SMR, cette coordination débute dès l’arrivée du patient afin d’inscrire l’activité physique dans son projet global de rééducation/réadaptation.