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Violences intrafamiliales : comment emeis accompagne ses salariés et ses managers

Fatigue chronique, isolement, baisse de concentration, absences répétées… Les violences conjugales et intrafamiliales ne s’arrêtent pas aux portes du domicile. Elles s’invitent aussi dans la sphère professionnelle, souvent de manière invisible. Face à cette réalité, emeis a décidé d’accompagner les managers à mieux repérer, écouter et orienter les collaborateurs concernés.

1 femme sur 3 concernée au cours de sa vie

Selon l’ONU, près d’une femme sur trois sera victime de violences au cours de sa vie(1). Un chiffre qui rappelle que ces situations traversent tous les milieux sociaux et professionnels. Pourtant, les violences intrafamiliales restent difficiles à détecter dans l’entreprise. Parce qu’elles sont rarement verbalisées directement. Parce qu’elles s’installent souvent progressivement. Et parce que les victimes elles-mêmes peinent parfois à nommer ce qu’elles vivent.

« La violence ne commence pas forcément par des coups. On pensait avant qu’il fallait que ça se voie, » explique Marion Corda, assistante sociale chez Responsage, solution d’accompagnement et de soutien dans le cadre du programme social et solidaire emeis&MOI. En réalité, les violences peuvent être physiques, psychologiques, économiques, sexuelles ou administratives. Elles prennent parfois la forme d’humiliations, de contrôle financier, d’isolement ou de culpabilisation. « On est souvent face à une dynamique globale de contrôle et de domination qui va s’installer progressivement, » souligne l’assistante sociale. Cette mécanique d’emprise explique pourquoi les victimes restent souvent silencieuses. Peu à peu, la confiance en soi s’effondre et la capacité à demander de l’aide se réduit. « Le plus difficile, c’est souvent ce premier pas, rappelle Marion Corda. C’est le fait de réaliser qu’il y a potentiellement un problème et d’engager des démarches. »

Jeune femme devant une fenêtre

L’entreprise est le reflet de la société. Chez emeis, cela représente 80 000 personnes, dont 81 % de femmes : il était essentiel de nous saisir de ces sujets.

Fanny Barbier

Fanny Barbier, Directrice des Ressources Humaines du Groupe

emeis&Moi : un dispositif d’accompagnement social

Lancé fin 2023, le programme emeis&Moi accompagne les collaborateurs confrontés à des difficultés personnellesou en situation de vulnérabilité, notamment les violences intrafamiliales. Déployé avec Responsage, il propose une ligne d’écoute confidentielle et gratuite animée par des assistantes sociales, ainsi qu’un accompagnement social, juridique et psychologique. Objectif :  prendre soin de ceux qui soignent.

Lorsqu’une personne contacte le service Responsage, un diagnostic global est réalisé afin d’évaluer le niveau de danger, les ressources y compris financières, les soutiens possibles dans l’entourage proche ou encore les besoins juridiques. « Nous, on va être ce qu’on appelle le chef d’orchestre, explique l’assistante sociale. On va orienter vers les spécialistes adaptés. » En cas d’urgence, plusieurs solutions peuvent être activées : hébergement ou mise à l’abri, orientation vers un accompagnement juridique, ordonnance de protection ou orientation vers des associations spécialisées.

logo emeis&moi

Le rôle des équipes managériales est crucial

Au-delà du dispositif, la vigilance et l’attention portées par les managers sont des points essentiels. Les violences sont rarement exprimées directement ; elles apparaissent souvent à travers des signaux faibles : fatigue chronique, anxiété, mal-être diffus ou absences répétées. 

L’enjeu n’est pas de transformer les managers en spécialistes, mais de leur donner une posture adaptée : écouter sans juger, ne pas minimiser et orienter vers les bons interlocuteurs. Certaines phrases peuvent aider à ouvrir un espace de parole comme : « Je vous crois », « Vous n’y êtes pour rien », « La loi interdit et punit les violences ».

À l’inverse, les injonctions comme « Pourquoi vous acceptez ça ? Pourquoi vous n’êtes pas partie ? » sont à proscrire. « Être présent, tout simplement. Écouter. Être bienveillant au maximum, » résume Marion Corda.

Entretien entre deux personnes

Remarquer que la personne ne se comporte plus de la même manière, ne s’habille plus de la même manière, fait partie de cette vigilance du quotidien.

Fanny Barbier

Fanny Barbier, Directrice des Ressources Humaines du Groupe

L’entreprise n’a pas vocation à se substituer aux associations, aux travailleurs sociaux ou à la justice. Son rôle consiste plutôt à créer un espace de confiance et à rompre l’isolement des personnes victimes de violences intrafamiliales et conjugales. Comme le rappelle une brochure interne, distribuée aux managers d’emeis : « Nous ne pouvons pas sauver une personne malgré elle. » Mais en donnant des clés pour repérer, comprendre et agir, emeis entend contribuer à faire émerger la parole afin de permettre à certaines victimes de demander de l’aide pour la première fois.

Le violentomètre : repérer les violences avant l’escalade

Cet outil pédagogique de prévention aide à évaluer une relation à travers une règle graduée composée d’une vingtaine de situations concrètes. Il permet d’identifier des comportements parfois banalisés et de situer la relation selon trois niveaux : vert (relation saine), orange (comportements préoccupants) et rouge (situation dangereuse). Un support utile pour repérer les signaux faibles et favoriser la prise de conscience.

Pour découvrir le violentomètre, cliquez ici.

 

[1]https://news.un.org/fr/story/2025/11/1157917