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Après 80 ans, chaque mouvement compte

Bien vieillir passe aussi par le mouvement. L'activité physique demeure l'un des meilleurs leviers pour préserver l'autonomie, prévenir les chutes et entretenir les capacités cognitives. Mais loin des performances sportives, elle doit avant tout s'adapter aux capacités et aux envies de chacun. Pour le Dr Lucie Gagneur, gériatre et médecin coordonnateur au sein d'emeis, l'essentiel est de continuer à bouger, même modestement.

Rester en mouvement : chacun son objectif

Faire du sport n'est pas une obligation pour rester actif en vieillissant : « L'activité physique ne se résume pas à une pratique sportive, » rappelle le Dr Gagneur. Faire le ménage, cuisiner, jardiner, mettre la table ou sortir acheter son pain participent déjà au maintien de l'autonomie et de la mobilité.

Les recommandations de l'OMS préconisent environ 150 minutes d'activité physique modérée par semaine. Mais chez les personnes très âgées ou fragiles, cet objectif doit être individualisé : « Il faut commencer progressivement et s'adapter aux capacités physiques et cognitives de chacun, » précise-t-elle. L'essentiel est surtout de lutter contre l'inactivité : « Même si l'on n'atteint pas les recommandations, il y a toujours un bénéfice à faire un peu d'activité physique plutôt que rien du tout, » souligne la gériatre. 

Un cadre bienveillant

Préserver l'autonomie avant tout

Chez les plus de 80 ans, l'objectif n'est pas la performance, mais le maintien de l'autonomie. Continuer à se lever, marcher, s'habiller ou sortir de chez soi suppose de conserver une bonne force musculaire, de l'équilibre et de la coordination. Les activités proposées sont donc avant tout conçues pour prévenir les chutes et préserver ces capacités au quotidien « Nos objectifs principaux sont de préserver les capacités fonctionnelles et de prévenir la perte d'indépendance, » souligne le Dr Gagneur. 

Les bénéfices vont bien au-delà de la seule santé physique : baisse de la tension artérielle, amélioration du sommeil, diminution de l'anxiété et de la dépression, stimulation des fonctions cognitives ou encore prévention du diabète. 

mains

Donner du sens au mouvement

Pour susciter l'adhésion, l'activité doit avoir du sens : « Il faut partir des centres d'intérêt et de l'histoire de la personne. » Même lorsque la mémoire décline, certains automatismes corporels demeurent longtemps préservés : une musique familière, une ancienne passion ou un geste répété pendant des années peuvent suffire à remettre une personne en mouvement. « Une ancienne professeure de danse atteinte de troubles cognitifs avancés retrouvait spontanément certains gestes dès que la musique était lancée, » évoque le Dr Gagneur. 

L'approche est donc très personnalisée. Les activités collectives séduisent certaines personnes et contribuent aussi à rompre l'isolement. D'autres préfèrent un accompagnement individuel ou des activités autonomes : promenade quotidienne, petits exercices en chambre ou encore entretien du jardin.

jardinage / Getty

Une vigilance particulière face à la chaleur

Contrairement aux idées reçues, la reprise d'une activité physique adaptée expose relativement peu les personnes âgées aux blessures, notamment parce qu'elle se fait généralement de manière progressive et à une intensité modérée. Le risque de complication cardiovasculaire grave liée à l'effort reste également très faible, y compris après 80 ans. En revanche, le vieillissement modifie la perception de la soif et la capacité à réguler la température corporelle : « Les personnes âgées transpirent moins et ressentent moins la soif. Elles sont particulièrement exposées à la déshydratation et au coup de chaleur », rappelle le Dr Gagneur. Hydratation régulière, activités évitées aux heures les plus chaudes, échauffement et récupération deviennent alors essentiels. Une fatigue inhabituelle, des vertiges, un essoufflement persistant, des palpitations ou une confusion doivent conduire à interrompre l'activité.

2 dames dans le restaurant de la résidence

Le lien humain comme moteur

Le Dr Gagneur se souvient d'un résident arrivé en EHPAD après plusieurs semaines d'hospitalisation qui avait renoncé à marcher. Peu à peu, il a retrouvé l'envie de se mettre en mouvement grâce à un accompagnement très personnalisé : « La clé a été le relationnel, le fait de retrouver un environnement plus humain et sécurisant. » 
Chez les personnes âgées, l'activité physique participe également à rompre le cercle vicieux entre dépression, repli sur soi, perte de mobilité et perte d'autonomie. 

promenade dans le parc de la résidence

Chez emeis, une activité physique adaptée à chaque résident


Encadrés par des kinésithérapeutes, psychomotriciens, ergothérapeutes ou enseignants en activité physique adaptée, les résidents peuvent participer à des activités variées : ateliers d'équilibre, danse, yoga, tai-chi, jeux de coordination, balnéothérapie, jardinage ou encore boxe adaptée. Les programmes sont construits en fonction des capacités et de l'histoire de chacun, avec un objectif constant : préserver l'autonomie tout en conservant le plaisir de bouger.