L'activité physique : un allié précieux pour prévenir et ralentir les maladies neurodégénératives
Alzheimer, maladie de Parkinson, maladie à corps de Lewy… Avec le vieillissement de la population, les maladies neurodégénératives représentent un enjeu majeur de santé publique. Si aucun traitement ne permet aujourd'hui de les guérir, certains leviers peuvent contribuer à réduire le risque de les développer ou à ralentir leur évolution. Parmi eux, l'activité physique occupe une place de choix.
Le Dr Avidan Kogel, médecin gériatre et directeur médical adjoint Maisons de retraite et Domicile chez emeis, livre ses conseils pour l'intégrer durablement dans son quotidien.
Bien plus qu'un bénéfice pour les muscles
Nous savons depuis longtemps que l’activité physique contribue au vieillissement en bonne santé. En revanche, les preuves démontrant un effet propre sur le ralentissement du déclin cognitif sont plus récentes. Les recherches montrent qu'en bougeant régulièrement, le cerveau bénéficie d'une meilleure vascularisation et d'une oxygénation plus efficace. « L'activité physique stimule également la création de nouvelles connexions entre les neurones, favorise les mécanismes d'apprentissage et de mémorisation et limite certains phénomènes inflammatoires impliqués dans les maladies neurodégénératives, » explique le Dr Avidan Kogel.
Toutes les causes des maladies neurodégénératives ne sont pas maîtrisables. L'âge, par exemple, constitue un facteur de risque sur lequel personne ne peut agir. En revanche, d'autres facteurs, comme le diabète de type 2, l'hypertension, l'obésité, ou encore la dépression, peuvent être prévenus ou mieux contrôlés, notamment grâce à l’activité physique.
Chez les personnes qui présentent déjà de légers troubles cognitifs sans remplir tous les critères d'une maladie comme Alzheimer, cette action préventive associée à une bonne hygiène de vie, peut contribuer à ralentir la progression de la maladie.

Le meilleur exercice est celui que l'on a envie de refaire
Pour profiter de ces bénéfices, nul besoin de devenir sportif. Marcher pour aller chercher son pain, monter les escaliers, jardiner, danser, nager ou pratiquer le tai-chi : chaque mouvement compte. « Toute activité qui rompt avec la sédentarité est bénéfique,» souligne Dr Kogel. L'objectif est avant tout d'installer une habitude durable.
Les recommandations actuelles préconisent 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine (à adapter aux capacités de chacun). Mais, pour le gériatre, la régularité prime toujours sur la performance. « Si quelqu'un déteste courir mais se force parce qu'on lui a dit que c'était bon pour lui, il abandonnera rapidement. À l'inverse, s'il aime danser, jardiner ou nager, il poursuivra cette activité pendant des années. »
Pratiquer avec d'autres personnes constitue un atout supplémentaire. Au-delà de la motivation, ces moments partagés entretiennent le lien social, lui aussi reconnu comme un facteur protecteur pour la santé cognitive.
Chez les personnes âgées ou fragiles, la reprise doit rester progressive. Il est préférable de commencer par des séances courtes, dans un environnement sécurisé, avec des chaussures adaptées et, si besoin, un appui ou un accompagnement.

Lorsque la maladie est installée, continuer à bouger… autrement
Le diagnostic d'une maladie neurodégénérative ne marque pas la fin de l'activité physique, bien au contraire. « On ne guérit pas une maladie neurodégénérative grâce à l’activité physique. En revanche, on peut contribuer à ralentir certains symptômes, limiter le déclin fonctionnel et surtout préserver plus longtemps l’autonomie, » souligne le Dr Kogel.
L'enjeu évolue toutefois : il ne s'agit plus seulement de faire de l'exercice mais de conserver les gestes indispensables au quotidien. Le médecin parle d'activité physique fonctionnelle. Se lever d’une chaise sans aide, marcher jusqu’au jardin, monter quelques marches ou participer aux tâches de la maison sont autant de gestes indispensables pour conserver son autonomie. Les proches jouent ici un rôle essentiel. Par crainte des chutes ou de la désorientation, ils sont parfois tentés de faire les choses à la place de leur proche. Une attitude bienveillante, mais qui peut accélérer la perte d'autonomie. « Il vaut mieux accompagner, encourager et sécuriser que remplacer. »

L'activité physique s'inscrit dans une approche globale
Pour préserver durablement les fonctions cognitives, l’activité physique doit s'accompagner d'autres habitudes favorables à la santé. Une alimentation équilibrée, suffisamment riche en protéines pour entretenir la masse musculaire, un sommeil de qualité ainsi qu'une bonne prise en charge de facteurs de risque comme l'hypertension ou le diabète sont tout aussi importants. Une pratique physique régulière améliore d’ailleurs la qualité du sommeil et aide à réduire les symptômes dépressifs, eux-mêmes considérés comme des facteurs de risque modifiables des maladies neurodégénératives. À cela s’ajoute la stimulation cognitive, qu’il s’agisse de lire, jouer, échanger, apprendre ou participer à des activités créatives, autant de moyens de continuer à solliciter le cerveau au quotidien, ainsi que le maintien de lien social. « Ce sont toutes ces habitudes réunies qui permettent de mieux vieillir, » résume le Dr Avidan Kogel.

Chez emeis, des activités adaptées à chacun
Encadrés par des enseignants en activité physique adaptée (EAPA), des kinésithérapeutes, des ergothérapeutes ou des psychomotriciens, les résidents des maisons de retraite emeis participent à des ateliers variés : marche, exercices d'équilibre, renforcement musculaire, danse, tai-chi, yoga ou exercices de coordination.
Personnalisés selon les capacités de chacun, ces ateliers ont pour objectif de maintenir les capacités motrices et cognitives, de préserver l’autonomie et de faire du mouvement un plaisir partagé au quotidien.

